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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 20:47
Tlemcen la capltale culturelle02 0001-copie-1

Une dynastie royale prestigieuse

Les Zyanides, appelés également les Abdalwadides ou encore Banu Zayan sont une dynastie berbère zénète ayant régné sur Tilimsen (actuelle Tlemcen) de 1236 à 1554, fondée par Yaghomracen Ibn Ziyan et dont l’étendue du royaume préfigurait l’Algérie actuelle.

Le déclin des Almohades et ses conséquences

Jadis, les Abdalwadides avaient été refoulés vers les hautes plaines d’Oranie alors que leur contrée d’origine était surtout la région centrale et orientale des steppes et les confins du Sahara. Au cours leur terrible invasion à partir de la deuxième moitié du XIe siècle, les Hilaliens qui furent envoyés avec les Banu Salim par les Fatimides d’Egypte pour punir les Zirides, qui s’étaient proclamés indépendants, avaient contraints les tribus berbères à quitter leurs territoires, comme ce fut le cas pour les Abdalwadide. Ces derniers entrèrent au service des Almohades et furent, en récompense nommés gouverneurs de la fertile région de Tilimsen. Avec le temps, et devant la faiblesse de la dynastie régnante des héritiers d’Abdelmoumen et d’Ibn Toumart, ils s’arrogèrent un pouvoir autonome, contribuant ainsi à la chute des derniers Almohades qui disparurent définitivement, en 1263. Les faiblesses de l’empire almohade et sa décadence aboutirent finalement à la division de l’Afrique du Nord qui avait été uni pour la dernière fois de son histoire durant plus d’un siècle. C’est ainsi que la partie orientale où Ifriqya échut aux Beni Hafç, descendants d’un des compagnons d’Ibn Toumert, se proclamèrent indépendants dans Tunis. Cet Etat engloba sur le territoire algérien les régions de Bougie et Constantine. Au Maroc se constitua le royaume des Beni Merin (Zenatas nomades du désert). Entre les deux, les Beni Abd el Ouad de Tlemcen qui dominèrent le Maghreb central correspondant globalement à l’Algérie (sauf la partie orientale), cherchèrent, eux aussi, à assurer leur indépendance qu’ils obtinrent à partir de l’année 1236.

Les Ziyanides au Maghreb central

Durant toute son existence, le jeune royaume de Tlemcen mena une existence agitée entre ses deux puissants voisins, les Mérinides à l’ouest et les Hafsides à l’est. L’un et l’autre revendiquaient son territoire en souvenir de la puissance almohade et tentaient souvent de l’annexer pour agrandir leurs territoires. De plus, l’émir de Tlemcen et le souverain mérinide du Maroc étaient tous deux des Zenatas et ils ont hérité de vieilles querelles datant de l’époque où leurs ancêtres vivaient au Sahara en se livrant des guerres fratricides à cause de leur rivalité.

Yaghmorasan Ben Zayan, le premier émir de Tlemcen et fondateur de cette dynastie, était le vassal des Mérinides quelques temps. Durant toute sa vie et celle de ses successeurs, il devait contenir le voisin de l’ouest et chercher l’extension du territoire de son Etat vers l’est de l’Algérie actuelle en se confrontant à leurs belliqueux voisins hafsides.

A ce jeu, ses descendants devaient lutter constamment pour sauvegarder leur indépendance. Ils sont parfois vassaux des deux Etats mérinide ou hafçide, parfois même chassés de leur domaine et leur ville est fréquemment assiégée et se confinant dans leur palais qui est une véritable forteresse appelée le Méchouar. Ces sièges souvent prolongés ont permis à Tlemcen de s’agrandir même quand les Mérinides installèrent leur camp aux environs durant l’une de leurs nombreuses tentatives de s’emparer de Tlemcen et ce camp devient une ville, Tlemcen la-Neuve, ou El Mançourah.

Bien qu’ayant les mêmes origines lointaines, les Zianides de Tlemcen et les Mérinides de Fès n’ont pas cessé de se combattre. Ils sont issus de la grande confédération berbère des Zénètes qui étaient des nomades jusqu’au XIe siècle, date à laquelle ils furent repoussés à l’ouest du Maghreb par les tribus hilaliennes. On peut supposer également que ces deux tribus à l’origine des plus grandes monarchies avaient une animosité réciproque liée à des querelles de pâturages ou de çofs. Aussi, ils étaient très proche géographiquement, cela rendait la cohabitation impossible car chacun des deux royaumes voulaient étendre ces frontières.

Quoi que les Mérinides de Fès avaient souvent le dessus militairement, les Tlemcéniens les ont considérablement affaiblis. C’est pour cette raison que les rois de Tlemcen avaient construit d’importants remparts autour de la ville. Plusieurs batailles se sont produites entre ces deux villes. Tlemcen fut assiégée deux fois de façon très courte.

C’est durant le premier siège que les Mérinides construisirent la ville de Mansourah (la victorieuse), qui avait pour but d’éclipser la vieille ville de Tlemcen. Mais les Tlemcéniens décidèrent de la détruire pour signaler que leur ville leur appartenait.

Les émirs de Tlemcen tombèrent, certes, quelques fois sous la domination de leurs rivaux, les Mérinides de Fès (comme en 1337), puis les Hafsides de Tunis (vers la fin du XVe siècle), mais à chaque fois, pour une courte durée avant d’être éliminés difficilement par les Ottomans, en 1554, quand ces derniers furent appelés à la rescousse par les habitants pour contrer les tentatives espagnoles pour occuper les terres africaines.

Yaghmorasan et la dynastie ziyanide

La dynastie des Ziyanides compta exactement 39 sultans d’inégale valeur cela va de soi. Le premier émir est Yaghmorasan Ibn Zayane – d’où le nom de cette dynastie – qui eut un long règne s’étalant de 1236 à 1283. C’est véritablement lui qui posera les fondations du royaume. Quand il arrive au pouvoir, le pays était en proie à l’agitation. Mais grâce à sa témérité, à son intelligence et à sa grandeur, il réussit à construire un Etat moderne et fort. En plus de ses qualités politiques et militaires, il aimait beaucoup les savants qu’il recevait en grand nombre dans sa cour et qu’il encourageait.

Ses successeurs les plus connus furent les suivants : Othmane Ibn Yaghmoracen (1283-1304), Abou Hammou Moussa (1353 à 1389), Abou El Hadjadj Youssef (1389 à 1393)Abou Zeyane (1393 à 1399), Abou Abdallah El Tensi (1401 à 1410), Abou Malek (1411 à 1425), Moulay Mohamed (1425 à 1435), Moulay Abdallah (1435 à 1437), Mohamed (1438 à 1460), Abou Zakaria (1460 à 1488), Abou Abdallah Mohamed (1488 à 1505), Abou Abdallah Mohamed II (1505 à 1512) qui traita avec les Espagnols qui s’étaient déjà emparé des villes maritimes comme Alger, Oran, Béjaïa, Mers El Kebir, Djidjel, Mostaganem, Ténès…

L’essor de Tlemcen sous les Ziyanides

Malgré que Tlemcen soit coincée entre les Mérinides et les Hafsides, et son territoire moins étendu ses rois se dépensaient à résister à l’invasion de l’armée de ces deux royaumes et de devaient faire face aux rébellions des tribus notamment les Hilaliens. On dit que Tlemcen était l’une des villes la mieux protégée de son époque. De plus, le royaume de Tlemcen était moins riche que le royaume hafside et moins fort militairement que le royaume des Mérinides. Ajouté à cela, la prestigieuse cité n’avait pas de flotte. Tous ces éléments tendent à prouver la bravoure des Tlemcéniens et leur fierté de conserver leur royaume.

Cela était une force qui a permit aux Zianides de perdurer. De plus, Tlemcen était la cité la mieux policée et elle trouva le moyen de devenir une cité commerciale et industrielle florissante. Le développement de son commerce était du à sa situation comme ville de passage et de transit avec l’Afrique subsaharienne d’où elle recevait de l’or, de l’ivoire, des esclaves et du sel échangeant les objets fabriqués, des armes, des chevaux, mais aussi des tissus réputés.

Tlemcen était aussi un grand centre intellectuel qui attirait les savants et les artistes de toutes parts.

Elle était un centre d’études musulmanes réputé où l’on comptait 5 medersas renommées. C’était la ville des grands hommes, mystiques et ses habitants se rappelaient Sidi Wahhab sahabi venu à la suite de Oqba Ibn Nafaâ et qui avait été enterré dans la ville. Sidi Daoudi, le grand saint du Xe siècle n’était pas en reste, sans parler de Sidi Boumediène dont le tombeau attira de tout temps les pèlerins de tout le Maghreb.

mechtlem 

20-09-2008

Mihoubi Rachid

quotidien..la nouvelle république

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